mardi 5 décembre 2006

Flibustiers de la rame (1)

Ligne 4 (RÉaumur SÉbastopol – Étienne Marcel)



Un black à dreads entre au fond de la rame. Il vient se poster au milieu et se met à «chanter» (psalmodier avec force) :


Les capitales !

Sont cannnnnnnnnnibales !

Crrrruellesmesquineuzéglaciales pour tous ceux qui ont la dalle

Ho Ho Ho Oh ! Ouais, mon ami… Ho ! mon frère d’armes!

Le peuplecigaleest prié fissa d’se fairrrre la malle !

Partout les fourmis - Yeah Yeah ! - nous fo-ont la morale

Les petitsbonzommesgrisaille qui ont emmuraillé leur âme Ho Ho

Les capitales Ôtum’entendsj’espère Ho ! Les capitales

sont crrrruelles mon frère sont devenues cannnnnnnnnnibales !



Sa « chanson » est finie.



Merci, merci à tous, c’était cool… pas désagréable…

Ceux qui veulent donner… Bonheur… Longue vie… Richesse…

Pour les autres : on change rien, hein ! On fait comme d’habitude…




Il va solliciter les voyageurs en ayant un petit mot pour chacun.



Merci, mec…


Ouais, la miss… franchement pas désagréable…


À un type qui fait « non non non » de la tête et qui reçoit en retour un clin d’œil :


Pas de problème, colonel, on change rien, c’est nickel, on fait comme d’habitude…



Le métro s’arrête. Il saute hors du train. Quelques secondes après on entend, un peu plus sourd un peu plus loin, puis c’est noyé par les grincements des rames qui repartent



Les capitales ! Sont cannnnnnnnnnnnnibales…






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