mercredi 6 décembre 2006

Flibustiers de la rame (11)

Ligne 1 (Porte Maillot - Argentine)


Pourquoi ce mouvement, là-bas… ? Au fond du train… Ce brouhaha… Ces gens qui s’écartent ?

Mais… mais pourquoi court-il, celui-là ? Ce jeune « paki »… ce vendeur de pralines… Il… Il en sème partout dans sa course…

Il est souple, notez… Regardez comme il se faufile au milieu de ce groupe de vikings effarés… qui agrippent les sacs, leur blonde progéniture… qui reforment vite fait le carré derrière lui : le père, poitrail devant… comme chez les bœufs musqués de l’Arctique…

Ça y est ! Le voilà ! Il contourne ce type, file, à côté de moi… Il grimace… Il transpire…

Où va-t-il donc, comme ça ? Il n’y a qu’une seule (longue) rame dans ce train, mais il va bientôt arriver à la fin… Et puis… les voilà…

Les pralines craquent… le sol vibre… sous les talons de leurs godillots.

Ils sont trois : deux hommes, une femme, les cheveux courts, grands, athlétiques. Ils soufflent régulièrement. Ils ont des matraques à la ceinture.

Tout le monde s’écarte. Ils gagnent du terrain… quand une sonnerie survient, puis une voix d’androïde qui nous annonce le prochain arrêt du train qui nous « informe »

Signalez tout colis suspect
Surveillez vos bag…



Le train vire, brutalement. On ne voit plus rien, devant. On entend une clameur… Le train freine…

le quai nous « flashe »

… le train s’arrête. Les portes s’ouvrent. Ca monte, ça descend. Ca soupire. Ca s’agglutine. L’androïde adjure au milieu du boucan


… attentifs, ensemble !


Une sonnerie, encore. On repart, mécontents. C'est qu'on aurait bien voulu savoir…

Le train remonte le quai… On mate. On… on voit un attroupement !

On dirait… Oui…

Un vigile est au sol, entre ses deux copains. Il se tient des deux mains la cheville.

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