
Tout d’abord, on ne voit que la pose : quatre jeunes « forestiers » en symbiose, les mains sur les épaules, la clope ostentatoire, au bout du même poing. Ils jouent aux hommes, bien sûr, aux durs de durs, c’est drôle, le regard ombrageux, méfiant. On se dit : ça ! tu vois, ça c’est une chouette bande de copains !
Et puis l’œil musarde… La façade se lézarde… De près, ils ne sont pas si synchrones, leur unité se décompose… Combien sont-ils en fait ? 4 ? Non, plutôt « 3 + 1 ».
À notre gauche, la triade, le triptyque impeccable du chef charismatique[1] et de ses lieutenants (deux gueules d’anges symétriques : un blond, un brun), dandys punks quasi modernes dont les mains – blanches, effilées - nonchalamment posées sur l’encolure du « chef », font office d’épaulettes, plumets de majesté.
À droite, ne cherchez plus : le voici, l’exogène, l’indésirable… L’intrus. Un petit bourgeois ( ?) dodu, veston-gilet-cravate, culotte d’étudiant ou bien de cavalier, raie soigneusement pommadée, lèvres molles… Il fume comme un lord anglais mais on pressent déjà la moustache, au menton quelques plis de peau grasse, une carrière de notaire ou d'épicier en gros… Sent-il qu’il est de trop, qu’on le supporte à peine, que sa tronche appelle la claque ? Sur l’épaule de l’ange blond, sa main brune se crispe un peu… Peut-être se fera-t-il rouer de coups, tout à l’heure, quand ce drôle de type ce « photographe » aura le dos tourné… ?
Mais on se trompe, peut-être… On a des idées toutes faites… Des clichés, des préjugés… Car en y regardant mieux on se dit : ou alors… ou alors… c’est peut-être un dévoyé, un « fils de » déclassé qui vient s’encanailler, se frotter à la plèbe, à sa rude vitalité (chez lui une denrée rare)… Qui sait ? C’est leur cerveau, leur replète éminence, leur frère Tuck à ces Robins… Qui sait ? Il finira brigand, bandit de classe internationale, cauchemar des joailliers, tombeur de veuves fortunées, contrefacteur redoutable… L’Arsène Lupin du Schwarzwald…
Qui sait ? Qui sait ? En tout cas, il tombe bien, l’outsider, il donne vie à la photo, il casse la « jolie composition », la trinité d’aryens poseurs dont - qui sait ? - il se moque, peut-être même qu’en fait il les singe…
[1] Plastron blanc rayonnant, épaules larges, bâton de commandement (qui sert aussi à rameuter les vaches ?)
Et puis l’œil musarde… La façade se lézarde… De près, ils ne sont pas si synchrones, leur unité se décompose… Combien sont-ils en fait ? 4 ? Non, plutôt « 3 + 1 ».
À notre gauche, la triade, le triptyque impeccable du chef charismatique[1] et de ses lieutenants (deux gueules d’anges symétriques : un blond, un brun), dandys punks quasi modernes dont les mains – blanches, effilées - nonchalamment posées sur l’encolure du « chef », font office d’épaulettes, plumets de majesté.
À droite, ne cherchez plus : le voici, l’exogène, l’indésirable… L’intrus. Un petit bourgeois ( ?) dodu, veston-gilet-cravate, culotte d’étudiant ou bien de cavalier, raie soigneusement pommadée, lèvres molles… Il fume comme un lord anglais mais on pressent déjà la moustache, au menton quelques plis de peau grasse, une carrière de notaire ou d'épicier en gros… Sent-il qu’il est de trop, qu’on le supporte à peine, que sa tronche appelle la claque ? Sur l’épaule de l’ange blond, sa main brune se crispe un peu… Peut-être se fera-t-il rouer de coups, tout à l’heure, quand ce drôle de type ce « photographe » aura le dos tourné… ?
Mais on se trompe, peut-être… On a des idées toutes faites… Des clichés, des préjugés… Car en y regardant mieux on se dit : ou alors… ou alors… c’est peut-être un dévoyé, un « fils de » déclassé qui vient s’encanailler, se frotter à la plèbe, à sa rude vitalité (chez lui une denrée rare)… Qui sait ? C’est leur cerveau, leur replète éminence, leur frère Tuck à ces Robins… Qui sait ? Il finira brigand, bandit de classe internationale, cauchemar des joailliers, tombeur de veuves fortunées, contrefacteur redoutable… L’Arsène Lupin du Schwarzwald…
Qui sait ? Qui sait ? En tout cas, il tombe bien, l’outsider, il donne vie à la photo, il casse la « jolie composition », la trinité d’aryens poseurs dont - qui sait ? - il se moque, peut-être même qu’en fait il les singe…
[1] Plastron blanc rayonnant, épaules larges, bâton de commandement (qui sert aussi à rameuter les vaches ?)











